Gare au surdosage et effets indésirables des compléments alimentaires !

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Les compléments alimentaires nous permettent de palier un manque ponctuel en nutriments dans nos Apports Journaliers Recommandés (AJR).

Cependant, ils doivent être consommés avec prudence car cumuler plusieurs cures peut avoir des effets négatifs sur la santé.

Alors comment bien les doser ? Quels sont les risques d'un surdosage ? Suivez nos conseils pour prendre soin de vous

À quelle fréquence prendre les compléments alimentaires ?

Les compléments alimentaires se font par cure de 15 jours à 1 mois. La seule solution viable est d'adopter une alimentation saine, équilibrée et variée pour manger des aliments qui nous apportent, naturellement, ces nutriments. Soyez vigilant car :

  • Votre santé peut se détériorer : il faut faire preuve de modération pour ne pas trop apporter à notre corps des nutriments dont il n’a pas besoin.
  • Vous pouvez être intoxiqué : veillez à respecter les dosages et les durées de cure prescrites par votre médecin, ou sur la notice.
  • Vous pouvez avoir des problèmes de santé graves : un apport trop important en fer ou en vitamine A, peut développer sur le long terme une perte de la coordination musculaire, des anomalies du foie ou encore des maladies congénitales.

Bon à savoir : selon une étude de l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES, ayant fusionné en 2016 au sein de Santé publique France) parue en 2009, presque 40 % des Français qui utilisent des compléments alimentaires sont en surdosage.

Effets indésirables des compléments alimentaires

L'autre risque des compléments alimentaires est celui des effets indésirables et des interactions possibles : entre différents compléments, mais aussi avec notre alimentation.

  • Certaines interactions sont sans danger, ou plutôt sans aucun effet :
  • D'autres peuvent cependant représenter de vrais dangers pour notre santé :
    • les vitamines A, E, et bêta-carotène associés, augmentent la mortalité (l’American Cancer Society a souligné les effets délétères de la consommation de compléments alimentaires à base de vitamine E chez des patients atteints de cancer des voies aérodigestives supérieures) ;
    • la vitamine C combiné au fer, favorisent les atteintes hépatiques ;
    • les phyto-œstrogènes peuvent entraîner le cancer ;
    • le bêta-carotène en prise quotidienne augmente de 20 à 30 % le risque de cancer du poumon ;
    • la pipérine (principe actif du poivre) souvent combinée à la curcumine (curcuma) pour faciliter sa biodisponibilité aggrave une perméabilité intestinale préexistante.

Bon à savoir : le curcuma a un effet antiagrégant plaquettaire avec pour conséquence une augmentation possible des risques de saignement lorsqu’il est pris sous forme de complément alimentaire. Toutefois, ce risque n’est pas retrouvé lorsqu’il est consommé dans un cadre alimentaire (l’autorité de santé a défini une dose journalière admissible de 180 mg de curcumine, dose qui ne peut être atteinte par une consommation alimentaire puisqu'elle n'est que de 27 mg maximum chez les plus grands consommateurs).

Les produits à base de plantes, en particulier ceux vendus sur internet, ne sont pas dénués de risques, liés la présence de métaux lourds, microbes, mycotoxines, pesticides, de substances illicites et dangereuses introduites délibérément pour donner au consommateur une impression d’efficacité, ce qui est notamment le cas pour certains produits d’amaigrissement et pour les sportifs.

En outre, « plusieurs interactions entre compléments alimentaires et traitements anti-cancer ou autres ont par ailleurs été observées », soulignent les auteurs d'un rapport de l’Institut National du Cancer (INCa). C'est par exemple le cas de la curcumine et de la quercétine qui sont utilisées pour améliorer l’efficacité des traitements chimiothérapeutiques, mais qui sont pointées du doigt pour leurs interactions néfastes avec les chimiothérapies visant à traiter le cancer du sein.

Exemples : le pamplemousse multiplie de 2 à 10 la concentration plasmatique de plusieurs principes actifs. Le millepertuis interagit avec les anticancéreux (il diminue l'efficacité des traitements). Le desmodium aurait un retentissement hépatique chez des patients sous chimiothérapie.

Ainsi, l'INCa déconseille « aux patients atteints de cancer de consommer des compléments alimentaires, en l’absence d’indication médicale et de déficit en nutriments nécessitant une supplémentation ».

Source Institut national du cancer, 16 octobre 2020.

Plus généralement, l’Académie nationale de Médecine souligne que « pour les personnes en bonne santé ayant une alimentation équilibrée et sans carence documentée, les compléments alimentaires ne sont généralement pas nécessaires ».

Et puisqu'en cas de surdosage, de mésusage ou d'association avec des médicaments ils peuvent engendrer des effets indésirables, il est indispensable de lire avec beaucoup d'attention les notices : si les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments, il faut quand même les considérer avec précaution !

Pour être en bonne santé :

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